Je n'ai pas le désir de transformer ce blog en une plateforme pour les produits de chez ILFORD PHOTO. Mais, rien à redire, la célèbre manufacture de Mobberley m'étonne à nouveau en ressuscitant de vielles recettes oubliées au fond des tiroirs. ILFORD PHOTO n'est pas l'unique moteur de l'argentique, mais là où se retrouve la prudence quant à l'avenir, la firme anglaise continue ses recherches, ses paris et autres innovations. Le montant de l'addition est élevé ; surtout pour ses travailleurs.
La nouvelle était tombée dans un communiqué de presse ".... En raison de la hausse du coût des matières premières et de fabrication (en particulier la forte hausse du coût de l'argent), il sera nécessaire d'augmenter le prix de certains de nos produits. Le 1er juin, il y aura une augmentation de prix de ILFORD Photo, Kentmere Photo, des films noir et blanc, des papiers et des documents HARMAN direct positif."
Pour rester compétitif, après l'augmentation de février et maintenant celle de juin, ILFORD Photo / HARMAN Technology Limited a été dans l'obligation de licencier 58 travailleurs, soit 20 % de leur effectif. Une perte énorme. La cause ? Celle du monde politique des pays industrialisés qui déploie le tapis rouge (il n'a que ça de rouge et c'est pour marcher dessus) sous les pieds des spéculateurs ? Mais qui vote pour cette droite conservatrice à la solde du patronat et des multinationales ?
Comme le signifiait si bien la capitaliste Caroline Walcot, secrétaire générale adjointe de l’ERT (European Round Table of Industrialists): "Le problème, c’est que, dans leur pays d’origine, les politiciens doivent obtenir des voix. Tandis qu’au sein de l’Union européenne ils peuvent avoir une vision d’ensemble."
Tout est dit. Que les travailleurs clamsent et que la démocratie soit un rempart pour que pleuvent les euros sur les plus nantis.
Dès lors, lorsque des firmes qui se battent pour continuer la production de marchandises à contre courant de la consommation de masse, j'applaudis. Vive le contresens. Simple principe de liberté en tant que consommateur et individu.
C'est par l'innovation qu'un secteur industriel peut inverser la tendance. Tous n'y arriveront pas. Des procédés, des articles et des techniques ont été abandonnés. Mais un abandon dû à la pression économique est et restera une perte.
Il y a un peu plus de 10 ans, lors de la venue en masse de la photographie numérique, les projections et les anticipations sur l'avenir du film allaient dans toutes les directions, mais aucune de ces prédictions ne nommait le retour d'antiques systèmes, l'arrivée de nouveaux appareils analogiques et l'explosion de la lomographie. Car ces dernières années ont vu revenir, sous des regards consternants ou ricaneurs, le polaroid (impossible projet), des papiers pour la chambre noire, le procédé positif direct, d'émulsions, de nouvelles caméras (Fuji GF, Diana mini, Spinner 360, le Lomo LC-Wide, et la dernière-née d'il y a quelques jours, la Sardina, plus pop que tout).
L'argentique est affranchie. Pendant ce temps, une frange du digital continue à courir derrière avec des programmes comme - le très mauvais goût - DXO FilmPack, les "effets spéciaux" des appareils numériques qui transforment votre belle image en "sépia nostalgique", en vieux noir et blanc, en style Lomo et sténopé. Oui, rien à redire, lorsque l'on connaît la pérennité des composants électroniques et l'envie d'avoir la caméra dernier cri, le numérique plaît au monde économique.
Alors, devant l'horrible réduction dans son personnel, ILFORD Photo a fait le pari de ressortir des plaques en verre holographique. La réponse du berger à la bergère : la 3D n'est pas la propriété des nouvelles technologies. Elle existait avant et elle revient. Par ce biais ? Est-ce qu'elle sera viable ? Je ne fais plus de pronostique au sujet de la photo. J'observe, je m'amuse, je me chagrine, je recherche la liberté d'employer n'importe quelles techniques, qu'elle soit récente ou ancienne, qu'importe. Seule, la liberté est importante.
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