vendredi 10 décembre 2010

The Boston Globe illustre la guerre en Afghanistan

Un regard en forme de bannière étoilée


Le 27 novembre 2010 est la date du nouveau record remporté par les États-Unis et ses alliés ; celui d'être resté plus longtemps que la défunte URSS en Afghanistan. Pour célébrer l'exploit de cette piètre performance, le Boston Globe affiche une galerie de 43 photographies récentes illustrant cette guerre absurde et perdue d'avance.

Ce vendredi 3 décembre 2010, Wikiliaks a publié un câble émanant de l'ambassade américaine à Bruxelles. Ce câble daté du 4 janvier 2010, relate la déclaration de l'actuel président du Conseil européen, le Belge Herman Van Rompuy, lors de sa rencontre avec l'ambassadeur US Howard Gutman. H. Van Rompuy déclare « que L'Europe ne croit plus à un succès en Afghanistan …».
Les jours s'écoulent, les balles continuent à siffler et près de 365 jours passés, l'Europe offre toujours son soutien !

La vision du Boston Globe est le miroir américain sur l'Afghanistan. Vue imprenable et nombriliste. Comme toute personne qui a regardé à travers un viseur, il suffit de tourner sa tête pour observer autre chose, découvrir un autre point de vue. Et ce changement d'angle est celui de l'envahi. Le tableau est tout autre. Le site shshamat.info de l'Islamic Emirate of Afghanistan donne sa version, sa vision qui semble coller plus près de la vérité : les morts US et leurs alliés sont plus nombreux qu'annoncés comme il n'est plus permis de passer sous silence les morts civils et ceux des groupes mercenaires à la solde de l'armée américaine.
La tragique stratégie de l'histoire de la guerre en Irak n'a pas été comprise. Les mêmes erreurs sont là et le prix à payer est bien élevé.

Tout ça pour un pipeline

Nombreux sont les analystes indépendants qui optent pour la théorie du colonialisme régi par les Américains et certain de leurs Alliés. Et les faits semblent leur donner raison. Les USA protègent à Kaboul un gouvernement faible et soudoyé, justifiant par cela la présence militaire américaine dans le pays. Fin 2009, l'ancien conseiller à la sécurité de la Maison Blanche sous Obama, le général James Jones, déclarait qu'il y avait moins de 100 membres d'Al-Qaïda en Afghanistan et simultanément, le Président Obama envoyait 30.000 soldats supplémentaires. A ce même moment, le Président Obama reçut le Prix Nobel de la Paix « pour ses efforts extraordinaires en faveur du renforcement de la diplomatie et de la coopération internationale entre les peuples ».

Cet écart important entre la réalité, les mots et les actes, démontre que l'Amérique a bien des objectifs colonialistes en Afghanistan et dans la région. Sous le couvert de la guerre contre le terrorisme, la coalition affirme qu'elle veut résoudre le problème afghan par la négociation et la réconciliation. Mais ces bonnes intentions cachent la finalité majeure, celle d'obliger les moudjahidin à déposer les armes et à admettre la réforme de la Constitution conçue et encadrée par l'Amérique. Ça ne s'arrête pas là, car les « insurgés » doivent approuver que les É.-U. gardent leurs bases dans le pays pour une période… allongée. Ainsi, sous le stratagème de négociations, Washington veut trouver un prétexte pour continuer leur occupation de l'Afghanistan. Et pour cause.
L'histoire l'a démontré et rien ne change dans le temps présent. Les États-Unis sont intéressés par les pays producteurs des ressources pétrolières tout comme ils sont intéressés par les pays par lesquelles transitent l'or noir et ses dérivés. Il est dans l'intérêt des Américains d'asseoir des relations stables et bilatérales avec ces pays ou d'y établir un contrôle ferme.

UNOCAL

UNOCAL est un consortium né et initié en Californie et projetant la construction d'un oléoduc et d'un gazoduc pour acheminer le pétrole de la Mer Caspienne sans être dépendant de la Russie. Les taliban étaient pour le projet et ont signé un accord de soutien à la construction du pipeline dirigé par UNOCAL. Ils sont revenus sur leur décision en réponse à l'attaque américaine sur l'Afghanistan. Ces attaques, orchestrées par le gouvernement Clinton, avaient été motivées par les attentats contre les ambassades américaines en Afrique orientale.

Mais qui est dans UNOCAL ?

Pour L'UE :
  • Total (France) : 5,0 %
  • BP (Royaume-Uni) : 30,1 %
  • Eni (Italie) : 5,00 %
  • StatoilHydro (Norvège) : 8,71 %
Pour les USA :
  • Chevron (USA) : 8,90 %
  • ConocoPhillips (USA) : 2,50 % Hess Corporation (USA) 2,36 %
Et pour terminer le groupe
  • Itochu (Japon) : 3,4 %
  • Inpex (Japon) : 2,50 %
  • La Compagnie Pétrolière Nationale d'Azerbaïdjan (SOCAR) (Azerbaïdjan): 25,00 %
  • Turkish Petroleum Corporation (TPAO) (Turquie): 6,53 %
Tous ces pays ont suivi les faucons de la Maison Blanche lors de l'invasion de l'Afghanistan.
Autre précision, selon le journal français Le Monde, Hamid Karzaï, l'actuel président de l'Afghanistan, a été conseillé chez UNOCAL.

Brown sugar

Avec la disparition du gouvernement de G. W. Bush, les objectifs américains n'ont pas été abandonnés. Que du contraire !
La stratégie d'Obama fraîchement élu était basée sur le même but, celui de stabiliser la présence américaine en l'Afghanistan par des moyens militaires. C'est un euphémisme de dire que les États-Unis sont responsables de la situation chaotique. Ils ont remis le pouvoir aux chefs de guerre notoires, à des fonctionnaires vénaux tout en soutenant un gouvernement gangréné par la corruption.

Le général Khodaidad, ministre de la lutte contre les stupéfiants depuis mars 2008 et Vice-Premier ministre en 2005 a reconnu dans une conférence de presse « que les officiers de l'armée américaine avaient les mains dans le trafic de drogue ». De son côté, Abdul Jabbar Sabit, ancien procureur général de l'administration de Kaboul, a avoué qu'il n'était pas « en mesure d'arrêter certains gouverneurs impliqués dans le trafic de drogue et la corruption parce qu'ils étaient protégés par de hauts fonctionnaires en lien direct avec le gouvernement de Kaboul ». En fin de compte, Abdul Jabar Sabit a été contraint de démissionner.
L'actuelle Secrétaire d'État américaine, Hillary Clinton, a déclaré à plusieurs reprises, que « l'Afghanistan est un État mafieux ». Elle n'a pas cru bon d'ajouter que l'État mafieux est leur ouvrage.

L'Émirat islamique d'Afghanistan, à qui la parole n'est même pas coupée, elle est simplement frappée d'interdit d'édition, a rédigé ce communiqué :
« Le but des moudjahidin est d'avoir un pays libre et indépendant. Le gouvernement islamique représente les aspirations du peuple afghan. Ce sont des droits naturels de personnes qui n'ont rien à voir avec le terrorisme. Mais les partisans de ce qu'on appelle les nations de la démocratie et des droits de l'homme ne sont pas prêts à donner ces droits naturels aux Afghans et aux moudjahidin. Ils sont soucieux de maintenir leurs bases en Afghanistan comme ils les maintiennent au Japon, en Corée du Sud, en Allemagne, etc. Il y a maintenant, des centaines de bases militaires en Afghanistan construitent sous la tristement célèbre appellation de la soi-disant guerre contre le terrorisme. Tout le monde sait que ces bases sont construites en Afghanistan pour la réalisation des objectifs colonialistes dans la région.
Washington rejette la proposition constructive de la direction de moudjahidin qui stipule que les moudjahidin, dans le cadre de leur politique, feront en sorte que le prochain gouvernement des moudjahidin ne s'immisce pas dans les affaires intérieures d'autres pays, y compris les voisins, si les troupes étrangères se retirent de l'Afghanistan. Mais l'Amérique et ses alliés veulent atteindre leurs objectifs impérialistes sous prétexte de lutte contre le terrorisme
».

Ce n'est pas moi qui le dis, c'est ceux à qui on ne laisse ni la parole ni l'image.

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